Rory Gallagher

Rory Gallagher est né en Irlande en 1948 et mort en 1995. Comme beaucoup de ses contemporains, il fait partie de ceux dont le talent immense et brut explose aux oreilles et s’impose instantanément avec une limpide évidence. (faisons-en des tonnes !!)

Il représente une race quasi-éteinte, celle des dits guitar-héros de légende, capables d’électriser une foule en un bend, et de créer des morceaux qui traverseront le temps (comme Stairway to heaven ou Hotel Califorina) sans prendre une ride ; contrairement à la musique-hamburger, surproduite et vide,  vite écoutée et vite oubliée.  Rory Gallagher est un bon musicien parce qu’ il est capable de faire prendre vie aux notes qu’il joue (cf. solo d’intro de a million miles away), la magie du blues et du rock, hard-rock, étant de  jouer des plans  récurrents mais toujours en jouant ces mêmes notes différemment, en accentuant,  modifiant son touché. Par exemple, on peut dire la même phrase avec une quasi infinité d’intonations et de timbres différents et c’est exactement la même chose en guitare, qui a le mérite d’être un instrument très expressif. L’irlandais ayant plus d’une corde à son arc, non content d’être multinstrumentiste ( saxo, mandoline, harmonica), il se révèle aussi être un excellent compositeur, capable de pondre des joyaux acoustiques ou électriques, toujours emprunt d’une certaine subtilité et d’un soupçon d’influence celtique, sans jamais tomber dans les mélodies faciles sur des suites d’accords milles fois entendues. L’individu, lui aussi, mérite d’être salué. Il n’a jamais compromis son style ou succombé aux sirènes du tube qui rapporte, bombardé par les radios et MTV, ce qui explique sa méconnaissance du grand public(il a quand même vendu plus de 30 million d’albums) .En y réfléchissant, ce n’est pas plus mal quand on voit a quel point il est dommage que beaucoup ne connaissent de Led Zeppelin que Stairway et de Scorpions que leur fameux slow….Ses pairs en revanche, de Clapton à Hendrix, se répandaient en éloges et des foules  enthousiastes se rendaient a ses concerts ou le freluquet se transformait en dieu du larsen et du decibel, renvoyant la concurrence a l’age de pierre.

Le blues coulant dans ses veines, il fait partie de ceux qui vivent leur musique à fond, transpirent sur scène, rentrent dans une autre dimension, et font passer une énergie a leur public. Ceux-là seront cités par leurs successeurs comme des modèles, et leurs albums seront d’intarissables sources d’inspiration et d’admiration.Un roi sans couronne qui règne pour l’éternité.  Cette race la n’est pas celle des adeptes de la vitesse et de la technique, qui en elle seule n’est rien, mais ne vaut qu’en tant que vecteur, que moyen d’expression.  Rien n’est plus moche qu’un solo rapide dépourvu d’ intérêt musical ou rythmique, sans harmonie ni mélodie. Rien n’est pire qu’un guitariste plat qui joue sans vibrato, sans nuance et a volume constant. C’est pour ça que Jimmy page, dont les solos en concert étaient souvent brouillons et a  la technique somme toute limité, sera toujours une référence et une légende, plus grand que ceux qui font tenir 13 notes en une seconde. Or, Rory Gallagher partage avec Page cette énergie brute, parfois mal dégrossie, ces fulgurances d’envolés superbes, a mille lieu du jeu chirurgical si rapide qu’on peine a distinguer les notes et qui au final n’apporte pas grand chose. Évidemment, certains concilient technique et talent, et pondaient des solos magnifiques, fluides et percutants ( Randy Rhoads et Dimebag Darrell).

Comme Led Zeppelin, R .G se pare de la décoration suprême, celle de l’éclectisme ;  nombreux sont les groupes qui donnent l’impression de jouer mille fois la même chanson (suivez mon regard), toujours avec authenticité et brio, mais reléguant au placard créativité et originalité.  Il ne s’enferme pas dans un blues caricatural qui se mord la queue mais alterne rock dur  avec chansons folk et aérienne, sans jamais perdre son identité.   Les chansons suivantes  combinent tout ce qui fait la qualité d’une œuvre musicale quelle qu’elle soit : implication : jouer avec les tripes, puissance et/ou nuance, virtuosité/talent…Vous l’aurez compris, Rory Gallagher ce n’est pas vraiment de la musique d’ascenseur . Assez parlé, musique maestro!

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