2012 se rapproche

On a beau être a des milliers de kilomètres, difficile d’échapper a l’actualité politique française.

La primaire :

5 ans après la « bravitude » , la cruche du poitou est de retour, moins crédible que jamais. Elle en est encore a déblatérer des généralités confondantes « il faut relancer l’activité Économique »…  De stature déjà plus présidentielle que sa concurrente féminine, Aubry a tablé sur le sérieux et la sobriété ( ?).  Elle sort par contre une belle contre vérité en disant que le nucléaire est une « énergie de transition » – quand on considère par exemple qu’on a passé le pic pétrolier, et qu’a moins de vouloir pédaler, on voit mal comment  remplacer le nucléaire dans un futur proche. Manuel Valls  joue clairement la carte de la franchise pour occulter son cruel manque d’expérience. Comme Matt Damon dans L’agence, il veut jouer au mec qui dit la vérité : nous sommes endettés. Seulement voilà, dans l’optique d’être élu, toute vérité n’est pas bonne a dire et c’est souvent en misant  sur une campagne de grands mots et de bons slogans qu’on l’emporte. (faire appel a l’histoire et aux symboles, parler de « rêve », utiliser des citations de grand hommes etc…la formule marche depuis longtemps). Valls a néanmoins fait preuve de bon sens dans sa position vis a vis de l’économie européenne : « Mais Arnaud, l’équilibre des compte n’est pas une formalité administrative ».

Hollande, l’ancien joufflu, a sacrifié ses granola et sa glace a la vanille sur l’autel de l’ambition présidentielle. On sent le type qui y pense chaque matin en se rasant et  se réveille en sueur – comme dans les films – quand il cauchemarde que la maire de Lille le coiffe au poteau. Détermination semble être son maitre mot, il ne s’en cache d’ailleurs pas et rappelle a tout va qu’il est le plus motivé de tous les candidats en lice. Sa prestation a prouvé une certaine maturité sur le fond, face a un Montebourg un peu simplificateur. (vis a vis de la « regle d’or », certes personne ne la respecte, mais le but n’est pas de limiter les déficits pour « faire plaisir’ a l’europe mais bien pour notre propre bien). Dans cette primaire, Hollande fait office de représentant de la vielle garde, celle issue du binome Sc Po-ENA, et qui a roulé sa bosse en trustant pendant assez longtemps la présidence du PS.

Montebourg, la grande gueule, peut compter sur son enthousiasme et  son allure de jeune papa-pull sur les épaules. Mais son dynamisme oratoire est a double tranchant, s’il enchante certain, il peut paraitre plus a sa place sur une scène de théâtre que sur un plateau télé, et qui plus est a l’Elysée. Comme Valls, jeunesse et manque d’expérience sont autant de boulets au pied dont il aura du mal a se défaire tout au long du marathon présidentiel.  Pour clouer le cercueil, si on ne peut que saluer sa démarche de  lier enfin les mains d’une  finance de marché qui s’est trop longtemps enivré a l’argent facile , son concept de « décroissance » semble pour le moins flou. Bref, il peut paraitre « chien fou » et manquer de sérieux. Il se donne même des airs Villepinien en lançant « vous qui écrivez l’histoire de France ».

L’autre la, – JM Baylet –  on dirait un figurant pour plus belle la vie ou on l’imaginerait bien faire une pub pour des olives verte. Ceci dit, il marque un point en affirmant que l’élection se gagnera plus sur les valeurs, et une conception différente de la stature présidentielle que sur les thématiques concrètement économique et sociale. En effet, si la crise est la préoccupation principale des français, le candidat qui emportera leur vote sera celui qui utilisera toutes les aspects négatifs sur le plan « moral » du quinquennat ( augmentation de son salaire, bouclier fiscal, amis millionaire, bling-bling…) Sarkozy pour faire miroiter une éthique de gouvernement. Quand a lui DSK nous a sorti un numéro d’acteur, aussi préparé qu’indécent. Le pauvre chéri a perdu « sa légerté ».

Évoquons brièvement le fond :  le grand absent de ce premier débat est a mon sens la politique étrangère. Cette dernière étant censé etre le « domaine réservé » du président, on est en droit de le regretter. Quid de l’engagement en Lybie ? (comme disent les guignols « les armes françaises, si vous ne les achetez pas, on vous les livres directement, dans la gueule ».) Quid de la grande séance de lâcheté collective vers laquelle on se dirige a l’ONU, lorsqu’Israel parviendra une fois de plus à enrayer le « procéssus de paix », ou plutôt faire valoir son fameux droit a la sécurité pour empêcher l’émergence d’un Etat Palestien. Comme toujours, l’occident ne manque jamais de déclaration d’intentions mais quand il s’agit de tenir tête a Tel Aviv, il n’y a plus personne…Comme le résume parfaitement Hubert Védrine : « proposer de se remettre à la table des négociations avant une reconnaissance de l’ONU est d’un cynisme total, puisque le gouvernement israélien a été élu sur un programme où le compromis n’est pas envisageable. Ce texte revient à laisser M. Nétanyahou  entretenir le statu quo. »

A l’Elysée, La formule « diviser pour mieux régner » n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd ; Sarkozy utilisera les divisions du PS – parti dont l’unique candidat ne pourra occulter les dissensions qui règnent entre ses ténors –  comme un marchepied pour rempiler. Lui et son équipe de savant communicants, jouerons « unité vs pugilat », et on voit d’ici venir la fameuse carte du « j’ai changé » , la voix grave, le calme apparent et autre retraite dans des monastère pour  mieux séduire la ménagère. Malheureusement, l’électorat peut avoir la mémoire courte et oublier ses rancœurs dans l’urgence du moment. Dieu sait qu’une bonne prestation dans un débat télévisé peut effacer des années de politiques catastrophiques (demandez a Mitterrand). Sarkozy , s’il n’a pas l’intelligence de Giscard, est un stratège habile et lucide :  il sait ce qu’il a faire et quand,  vise un seul et même but et est prêt a tout – Il l’a démontré par le passé. Le petit nerveux  a amorcé sa phase de réélection il y a bien longtemps ; il laisse l’UMP se charger de se salir les mains et apparait moins a la télé. En somme il fait l’inverse de ce qu’il est, et tente d’apparaitre comme un vrai président : un sage qui prend du recul, et qui ne se montre pas a tout va. Sarkozy est un acteur. Dans Trouble Jeu, De Niro jongle entre papa gâteau et abominable psychopathe avec un talent hallucinant, et bien Sarkozy c’est la même chose, mais a l’envers, il excelle a dissimuler sa vrai nature  en distillant humour , image, et flatterie aux journalistes, dans l’espoir que ceux-ci pondent des  tribunes orientés ( on voit d’ici venir les « pourquoi je soutiens Sarkozy ? » de Barbier).Il ne manquera pas de faire valoir son bilan ( et vive la mémoire sélective), sa gestion de la crise financière a son firmament (2008) et sa connaissance des grands de ce monde pour décrédibiliser son adversaire.

Bref, clément, si tu passes par la, j’ai bien peur que ton pronostic puisse se réaliser , et qu’on puisse avoir a  supporter le nain cinq ans encore. Le bébé de la dinde de l’Elysée arrivera à point nommé. Un bébé rose ça adoucit les angles non ?   Pour terminer, loin de moi l’idée de jouer au devin de pacotille, tout peut arriver et rien n’est encore joué.

PS : dtoute façon, en  2012, je vote pour lui

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Un commentaire sur “2012 se rapproche

  1. Bonne analyse ! Je ne veux pas d’Aubry, je crois qu’en tant qu’étudiants à Lille on se rend tous bien compte de son incompétence. Et chez le reste des socialistes, quid des programmes culturels et sociétaux ? Montebourg et Hollande sont bien gentils, mais ils ne parlent que d’économie, en oublient les « valeurs socialistes », et mentionnent du bout des lèvres le mariage gay, les réformes des universités, les programmes de développement culturel, etc… En comparaison, malgré la forte corruption qui y règle, la politique argentine me parait parfois plus avancée qu’en France : le mariage gay a été légalisé, le changement de sexe pour les transexuels également, l’état finance tous les programmes d’art du pays… Nous sommes nés dans un pays de vieux crétins conservateurs.
    En somme, mon avis est le même : je crois bien qu’on peut s’attendre à cinq ans de plus avec l’infâme gnome de Budapest !

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